《藍色是最溫暖的顏色》:哲學與欲望交織的法國文藝片經典
《藍色是最溫暖的顏色》(Blue is the Warmest Color),原以為是一部青春戀愛片,結果意外上了幾堂文學、哲學、藝術課。(注:本影片被分級為 NC-17,不適合未成年人。)
影片穿插多位法國哲學家與作家的作品討論,不僅增添了文藝氣質,也成為理解阿黛爾情感軌跡的重要線索。

1 法國古典作家皮埃爾·德·馬裏沃(Pierre de Marivaux)的小說《瑪麗安娜的人生》(La Vie de Marianne)
這是高中生阿黛爾的法語課裏分析的作品,也是她最喜歡的小說之一。
課堂上,學生們輪流朗讀小說片段,老師則引導深入理解作品,如如何理解 “她的心好像失落了什麼” 這句話?你們的體驗是什麼?當你們遇見自己的命中注定,內心是充盈還是失落?
同時引入《克萊芙王妃》(La Princesse de Clèves)做比較,深入探討人物內心。
作品對角色情感動蕩與自我發現的討論,呼應阿黛爾自身的情感旅程。
2 古希臘悲劇作家索福克勒斯公元前 442 年的一部作品《安提戈涅》 (Antigone)
法語課上探索 “小”;探索悲劇。
“童年的弱小與無力。”
“悲劇是無可避免的,是無法逃避的,無論你怎麼做。它關乎永恒,那些超脫時間性的東西,它與規則有關,與人類的內核有關。”
反映人與規則、人與命運的沖突,也預示阿黛爾的命運軌跡,暗示她在情感與現實、忠誠與渴望之間掙紮並犯錯。
3 讓-保羅·夏爾·艾馬爾·薩特(Jean-Paul Charles Aymard Sartre)的哲學理論:
1948 年戲劇《肮髒的手》(法語:Les Mains sales)
1946 年哲學演講論文《存在主義是一種人道主義》(法語:L’existentialisme est un humanisme)
阿黛爾與藍發女孩艾瑪第一次相約樹下閑聊,畫畫;艾瑪一邊給阿黛爾素描畫像,一邊聊起 “人類面部的神秘弱點”,然後隨手就引用薩特的哲學作品。
“存在優先於意義,我們生下來,我們存在,並且用我們的行為定義自己。這給了我們一份巨大的責任感。他說我們可以選擇我們的生活,沒有所謂的更高法則。”
薩特理論為兩位女孩的命運交合與偏離提供了某種思想框架。
4 牙買加唱作歌手,雷鬼樂鼻祖羅伯特·內斯塔·“鮑勃”·馬利(Robert Nesta “Bob” Marley),1973 年歌曲《Get Up, Stand Up》
這是阿黛爾與艾瑪聊薩特時引用的對比,阿黛爾認為 “鮑勃”·馬利為權力而戰的風格與薩特類似,盡管艾瑪並不太認同。
5 弗朗西斯·蓬熱(Francis Jean Gaston Alfred Ponge),散文詩《水》(De l’eau)
法國當代詩人蓬熱認為水是最純淨的,但因重力不得不具有形態,因此重力是水的唯一缺陷。
“所有自然的都是扭曲的,與基督教正統論相反,缺陷無法避免。” 一位學生如此解讀 “重力是水的唯一缺陷。”
影片引用這篇散文詩帶有明顯的哲學隱喻:純淨的存在也會因現實而變形。對應阿黛爾的人生——盡管她的情感直接純真,但也容易在現實中受傷、走樣。
現實是無可避免的缺陷。
6 奧地利畫家埃貢·席勒(師承古斯塔夫·克林姆特)
在艾瑪的家庭聚會上,艾瑪與朋友聊起奧地利兩位不同畫家的風格。艾瑪的朋友在研究埃貢·席勒作品的病態、扭曲美,而艾瑪則直接否認了這種風格,她更喜歡古斯塔夫·克林姆特。艾瑪朋友則認為古斯塔夫·克林姆特的作品過於裝飾風。
法國文藝片意不在講述某個完整故事,更像是一場思想與感官的對話。透過文學提供隱喻,哲學引發辯證,藝術則成為身體的延伸;通過導演的鏡頭凝視人性與生活,觀眾仿佛被邀請進入某種更深的存在狀態,去思考自己為何而愛、為何而苦、為何而活。
拍攝手法:大量使用特寫、長鏡頭,強調角色情緒變化和細膩觀察
在這部極度現實主義而又具唯美質感的影片中,大量的特寫鏡頭仿佛放大了生活本身的種種細節:主角的眼睫毛,不知不覺滑下的淚,家裏煮的意粉、醬汁,課堂上老師的引導,學生逃課吸煙時的表情、煙霧中的指甲,藝術作品的細節……
生活在鏡頭下不再只是背景,而成為情感的容器與思想的場所。它本身或許就足夠美、有重量,只是缺少一雙發現的眼睛。
法國文藝片給予我們這樣一種機會:凝視人的狀態,感知情緒的流動,在緩慢與沉默中重新理解 “存在” 的美好。
拍攝風格:“導演作者論” 與個人表達的延續
法國是 “導演作者論”(Auteur Theory)的發源地,主張導演是影片的思想創作者。許多法國電影因此展現出強烈的個人表達傾向,常以自由意志、愛情、時間與身份為主題,進行哲學性探索。
例如:
特呂弗的角色熱愛文學、電影和寫作;
阿蘭·羅伯-格里耶把結構主義小說語言引入影像;
艾力·侯麥的角色整天討論道德選擇與柏拉圖思想;
尚盧·高達則直接讓人物引用尼采、海德格爾甚至詩歌。
當阿黛爾與艾瑪聊起藝術、哲學,當她在公交車上打開一本書,我們就知道,生活本身不僅僅是活著,更是在體驗 “意識到自己在某種環境裏活著”。
與主流美學的反差:不靠高潮,靠深度
相比好萊塢電影強調結構、沖突與高潮,法國文藝片更強調 “緩慢的沉浸” 和 “思想與美的交融”,文學、哲學、藝術本身就是天然的敘事工具。
“法式質感” 不僅僅體現在生活方式中,也深植於影像語言之內。現實塑造了法國電影人的美學取向,而法國電影也反過來參與了對現實生活的定義與想象——在世界範圍內,它已成為某種被持續觀看與模仿的文化姿態。
影片結尾,阿黛爾默默走出了艾瑪的畫展,離開了那段過去。一位關心她的男士薩米爾追出來,卻走錯了方向,唯剩阿黛爾孤獨的身影,走在她仍不理解的生活裏。

散文詩《水》譯文:
比我低,永遠比我低的是水。 我看它時兩眼低垂。象是土地,象是土地的一部分,土地的變形。
白亮,無形,清涼,消極,固守著惟一的墮落——重力,擁有各種絕招滿足這種墮落: 包抄,穿透,腐蝕,滲入。
墮落同樣存在於水的內部:不斷坍塌,每時每刻都在放棄各種形狀,一味地卑躬屈膝,趴在地上,像屍首,又像某些教派的僧侶。總是更低……似乎它的座右銘就是:與高級對立。
我們幾乎可以說水發瘋了,它歇斯底裏般地惟重力是從。這個需求控制著它,如同一個根深蒂固的觀念。
當然,世上萬物都有這種需求一一這必須在任何時候,任何地方都得到滿足的需求。 就像這個櫥櫃,顯得極為固執地想歸入土地,如果哪一天失去平衡,它會寧願毀了自己也不違抗重力。 但是,說到底,它在一定程度上與重力遊戲,向重力挑戰:它並不完全坍塌,拱起的裝飾部分、凹凸的花紋曲線並不屈從。它有為維護個性和形狀而抵抗的能力。
液體從定義上講更願意服從重力而不是維護自己的形狀。為了服從重力它拒絕一切形狀。根深蒂固的觀念以及病態的不安使它完全失態。因了這種墮落,它或快,或急,或慢;或柔,或剛;或剛柔並濟,如那水滴石穿的剛勁;它善於回旋,能夠滲透,還會繞彎; 以至於人們隨便怎麼處置它都行,甚至可以把它引入管道讓它噴湧而上,以此來欣賞它墜落成雨點的景象:一個真正的奴隸。
……不過,重力這種專斷的影響力遭到了太陽和月亮的嫉妒。當水集結成片,尤其是當它分散成淺淺的水窪、抵抗能力最弱時,太陽和月亮試圖展現自己的力量。太陽提取大部分的戰利品,將水納入一個永恒的循環,把它變成圈中松鼠。
水逃離了我……從我的指間溜走。更有甚者!這甚至不(像蜥蜴或是青蛙那樣)幹淨利落: 水跡、水印還留在我的手掌上,得等較長的時間或者擦拭它才會幹。它逃離了我卻給我打上印跡,而且讓我無大計可施。
從意識上說也是一樣:它逃離了我,逃離了任何定義,但是在我的思想上和稿紙上都留下了不成形狀的痕跡、印漬。
水的不安定:能感覺出最細微的傾斜變化。雙腳並攏跳樓梯。活潑快樂,幼稚地順從。當人們撤走這邊的斜坡叫喚它時它馬上就跟過來了。
番茄,選自《事物的偏見》,巴黎伽利瑪出版社,1942 年。
Francis Ponge 弗朗西斯·蓬熱
De l’eau 水
Plus bas que moi, toujours plus bas que moi se trouve l’eau. C’est toujours les yeux baissés que je la regarde. Comme le sol, comme une partie du sol, comme une modification du sol.
Elle est blanche et brillante, informe et fraîche, passive et obstinée dans son seul vice : la pesanteur; disposant de moyens exceptionnels pour satisfaire ce vice : contournant, transperçant, érodant, filtrant.
A l’intérieur d’elle-même ce vice aussi joue : elle s’effondre sans cesse, renonce à chaque instant à toute forme, ne tend qu’à s’humilier, se couche à plat ventre sur le sol, quasi cadavre, comme les moines de certains ordres. Toujours plus bas : telle semble être sa devise : le contraire d’excelsior.
*
On pourrait presque dire que l’eau est folle, à cause de cet hystérique besoin de n’obéir qu’à sa pesanteur, qui la possède comme une idée fixe.
Certes, tout au monde connaît ce besoin, qui toujours et en tous lieux doit être satisfait. Cette armoire, par exemple, se montre fort têtue dans son désir d’adhérer au sol, et si elle se trouve un jour en équilibre instable, elle préférera s’abîmer plutôt que d’y contrevenir. Mais enfin, dans une certaine mesure, elle joue avec la pesanteur, elle la défie : elle ne s’effondre pas dans toutes ses parties, sa corniche, ses moulures ne s’y conforment pas. Il existe en elle une résistance au profit de sa personnalité et de sa forme.
Liquide est par définition ce qui préfère obéir à la pesanteur, plutôt que maintenir sa forme, ce qui refuse toute forme pour obéir à sa pesanteur. Et qui perd toute tenue à cause de cette idée fixe, de ce scrupule maladif. De ce vice, qui le rend rapide, précipité ou stagnant; amorphe ou féroce, amorphe et féroce, féroce térébrant, par exemple; rusé, filtrant, contournant; si bien que l’on peut faire de lui ce que l’on veut, et conduire l’eau dans des tuyaux pour la faire ensuite jaillir verticalement afin de jouir enfin de sa fagon de s’abîmer en pluie : une véritable esclave.
Cependant le soleil et la lune sont jaloux de cette influence exclusive, et ils essayent de s’exercer sur elle lorsqu’elle se trouve offrir la prise de grandes étendues, surtout si elle y est en état de moindre résistance, dispersée en flaques minces. Le soleil alors prélève un plus grand tribut. Il la force à un cyclisme perpétuel, il la traite comme un écureuil dans sa roue.
*
L’eau m’échappe… me file entre les doigts. Et encore! Ce n’est même pas si net (qu’un lézard ou une grenouille) : il m’en reste aux mains des traces, des taches, relativement longues à sécher ou qu’il faut’ essuyer.
Elle m’échappe et cependant me marque, sans que j’y puisse grand-chose.
Idéologiquement c’est la même chose : elle m’échappe, échappe à toute définition, mais laisse dans mon esprit et sur ce papier des traces, des taches informes.
*
Inquiétude de l’eau : sensible-au moindre changement de la déclivité. Sautant les escaliers les deux pieds à la fois. Joueuse, puérile d’obéissance, revenant tout de suite lorsqu’on la rappelle en changeant la pente de ce côté-ci.
Tomado de Le parti pris des choses, Gallimard, París, 1942.